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Les précieux conseils d'une maman

Les précieux conseils d'une maman - Darin Cortez

Au-dessus du buffet de ma mère, une ancienne soupière en porcelaine est posée. Je l’ai toujours vue à cet endroit. Elle trône, comme une reine-mère que les années ont marquée, un peu fêlée aussi. Le décor est, à bien regarder, assez fantastique ; des fleurs et des feuilles d’un bleu marine sont dessinées dessus. Qui a déjà vu un tel végétal ? Je ne pense pas que la nature ai produit une plante qui ressemble trait pour trait à un rosier, mais paré de la couleur de la mer, tiges, feuilles et fleurs compris. Je m’étais posé la question de la méthode de ma mère pour le dépoussiérage de cet objet. Mon père était parti pour un long déplacement de trois mois. En principe, il s’occupait de ce qui était en hauteur, car je savais que ma mère avait le vertige. Monter sur un tabouret revient, pour elle, à gravir l’Annapurna. Très fière, elle ne demanderait jamais à mon frère de l’aider.

Depuis le départ de papa, je suis revenue habiter chez elle. J’attends d’emménager dans un nouvel appartement. C’est mon premier achat dans l’immobilier. J’avais été en colocation jusqu’à maintenant, nous étions tous de jeunes étudiants et le rangement n’était pas notre souci premier. Comme elle connaissait mon manque d’intérêt pour le ménage, ma mère souhaitait me transmettre son savoir-faire dans cette matière. Elle me parla des produits pour nettoyer les cuivres, du vinaigre blanc et du bicarbonate de soude pour enlever le calcaire incrusté, de la qualité des balais et autres outils, indispensables pour toute bonne ménagère qui se respecte. Je remarquais qu’elle rangeait et récurait la maison dans son ensemble encore le mardi, comme dans mon enfance. Chaque coin est, à cette occasion, inspecté avec soin.

J’avais remarqué que ma mère s’était absentée le lundi. J’étais sur la terrasse, protégée du soleil par un auvent. Elle était allée acheter un objet soigneusement emballé. Les sacs portaient la marque d’une enseigne de bricolage. Puis, j’oubliais, moins intriguée par son achat que par la façon dont elle allait procéder demain pour le nettoyage de la soupière.

Après le déjeuner, nous avons mis de vieux vêtements et nous avons commencé notre activité du jour. La cuisine, la salle de bains se succédèrent, et ce fut le tour du salon. Quand elle arriva, ma mère tenait un plumeau adapté sur un manche télescopique. À deux mètres environ du buffet, elle allongea le manche pour atteindre le haut du meuble. Avec beaucoup de douceur, elle passa le plumeau sur la soupière et le haut du meuble. Le mystère était résolu.

À propos de l’auteur :

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Salut, moi c’est Darin! Mes passions sont l’histoire et la géographie : j’espère d’ailleurs avoir plus souvent l’occasion de couvrir ces sujets sur mon blogue actuel. Cela dit, pour le moment, mon blogue est un très sympathique journal de bord – voilà pourquoi je parle de pleins de sujets diversifiés qui touche ma vie personnelle. Mon mot d’ordre : l’originalité! C’est pourquoi je porte (presque!) toujours un nœud papillon : ça fait jaser!